Cirque : un endroit où les chevaux, les poneys et les éléphants sont autorisés à voir des hommes, des femmes et des enfants se comportant comme des idiots.
Confort : un état d’esprit produit par la contemplation du malaise de ses voisins.
Consulter : rechercher l’approbation de quelqu’un pour quelque chose que l’on a déjà décidé.
Déluge : la première expérience notable de baptême de masse qui lava les péchés et les pêcheurs du monde.
Diaphragme : système musculaire qui sépare le bordel du thorax du bordel des tripes.
Epitaphe : une inscription tombale montrant que les vertus acquises par la mort ont un effet rétroactif.
Longévité : extension peu commune de la peur de mourir.
Newtoniens : adeptes de la philosophie de l’univers inventée pat Newton, qui découvrit qu’une pomme tombe vers le sol, mais fut incapable de dire pourquoi. Ses successeurs et disciples sont à ce point avancés qu’ils savent à présent dire quand elle tombera.
Optimisme : la doctrine ou croyance que tout est beau, même ce qui est moche ; que tout est bon même les pourris ; et que tout fonctionne à merveille même les Hommes. Elle est héréditaire, mais heureusement pas contagieuse.
Persévérance : basse vertu par laquelle la médiocrité s’achève en succès peu glorieux.
Philosophie : ensemble des chemins qui partent de nulle part et qui ne mènent à rien.
Piller : prendre la propriété d’un autre sans observer la décente et coutumière habitude du vol.
Platonique : affection entre une infirmité et un frigide.
Poème : le poème est à la pétasse ce que le couteau est à l’huître : une manière de l’ouvrir.
Présage : un signe que quelque chose va arriver si rien n’arrive.
Présent : la part d’éternité séparant le domaine de la déception de celui de l’espoir.
Prier : demander secrètement à ce que les lois de l’univers soient annulées par un seul pétitionnaire.
Reconsidérer : chercher une justification à une décision qu’on a déjà prise.
Tuer : créer un poste sans expressément nommer un successeur.
Voie ferrée : le chef des mécanismes qui nous permettent de nous éloigner d’un lieu pas terrible vers un lieu où on ne se sent pas bien. Il est souvent emprunté par des optimistes.
Cette épée sur ma tête
Que le destin retient
Fait souffler la tempête
Dans mes journées sans fin
Le bourreau et son ombre
Hantent mes nuits fragiles
Succombant sous le nombre
De mes espoirs futiles
Si tu veux me tuer
Et ne pas faire d'erreur
Prends donc ton épée
Et perce moi le coeur
Il n'était plus à moi
Mais à ces yeux d'ébènes
A cette mèche qui me noie
Dans la mer de ma peine
Texte P.Seillier